Gta san andreas
Jeux

L’évolution de la saga Gta1 jusqu’à GTA V (5)

La scène prend place en 2001. Un ami passe me voir et me montre un jeu PS2 inconnu qu’il vient d’acheter pas trop cher. « Tu vas voir, c’est génial. Ca s’appelle GTA III, t’es dans une ville et tu peux faire ce que tu veux ! ». Une heure après, j’essaie le jeu. Trois heures après, je l’achète. S’ensuit une nuit blanche d’expérimentations en tout genre. Découvrir GTA III, c’est comme retomber en enfance. Vous savez, l’époque très cruelle où l’on arrache les pattes des fourmis juste pour essayer. Juste pour « voir ce que ça fait ». GTA III propose le même genre d’éveil, mais vidéo ludique cette fois-ci. On se balade dans Liberty City sans objectif, on frappe un piéton sans raison. Juste pour « voir ce que ça fait ». Puis les flics se pointent. On vole la première bagnole venue et c’est parti pour une course-poursuite imprévue.

gta

Puis l’enfant grandit. Il arrête de visionner en boucle le même Walt Disney et découvre que le cinéma, c’est aussi des acteurs réels (et pas forcément des chansons toutes les quinze minutes). Il évolue, et GTA aussi avec l’épisode Vice City. En 2002, sa sortie n’est plus du tout confidentielle et le jeu est attendu au tournant. Ce n’est plus vraiment la liberté de mouvements qui épate (on sait qu’elle existe) mais plutôt l’ambiance, le soleil couchant, l’histoire, le héros, les interactivités, la musique. On s’attache un peu plus au fond.

gta vice city

Sauf qu’ensuite vient l’âge con. Celui de Chronicle. L’adolescence où tout semble possible. On commence à cerner les difficultés du monde réel, mais pas question de s’en occuper pour l’instant. On veut s’amuser, délirer, sécher les cours, sortir en boîte, draguer…

A sa manière, GTA San Andreas représente cette période. C’est l’opus de la surenchère, celui qui repousse les limites au détriment de la crédibilité. Quatre territoires au lieu d’un et une pelletée d’activités annexes impossibles à lister (points d’XP, personnalisation du héros, tuning, vélos, courses de Nascar, casinos, guerre des gangs, possibilité de nager…). Plus de barrières, plus de loadings. L’important n’est pas que les activités soient intéressantes mais qu’elles soient possibles. Vous voyez le terrain de basket au loin? Vous pouvez lancer la balle dans le panier si vous le souhaitez. Puis pas question d’être trop sérieux : on infiltre la zone 51 et on la quitte avec un jetpack. Normal. Et qu’importe si le scénario tient la route, car dans GTA San Andreas, on vole. On vole, et rien ne peut nous arrêter. Bienvenu à Hollywood Vinewood ! Mais cette adolescence vidéo ludique, c’est aussi une époque de choix et d’affirmation de soi. On augmente sa maîtrise à la mitraillette plutôt qu’au pistolet. On améliore son habilité en moto plutôt qu’en voiture. On grossit en bouffant des burgers ou on se muscle en passant du temps dans une salle de sport. Bref, on cherche à se différencier des autres, à être soi et, si possible, unique. Pas étonnant que le mode Hot Coffee (annulé) apparaisse dans cet épisode et pas dans un autre.

Gta san andreas

La suite, c’est évidemment le passage à l’âge adulte. « Voir ce que ça fait » n’est plus du tout une finalité. Il faut désormais que « ça soit utile ». On ne tire plus sur les passants et on ne torture plus les fourmis. On sait ce que ça fait et on sait surtout que ça n’apporte rien. Au pire, on frappe un passant comme on tape dans une canette qui traîne sur le trottoir. Un geste puéril mais pas bien méchant. Car les préoccupations sont ailleurs, pour le joueur comme pour Rockstar. GTA IV pose de nouvelles bases. Pas de surenchère ici, juste l’essentiel, pourvu qu’il soit bien fait. La conduite des véhicules est plus difficile, le contrôle du personnage est plus naturel. Le jeu s’ancre dans la réalité. Liberty City devient un calque de New-York. Les activités annexes concernent surtout l’utilisation d’Internet et du téléphone portable. On s’en sert pour s’informer ou rencontrer des gens. La critique de la société n’a jamais été aussi sévère. L’histoire traite du rêve américain et de la désillusion. La violence n’est plus si drôle, elle se subit avec des choix cornéliens à l’image de ces exécutions face à un méchant désarmé que l’on peut tuer ou laisser partir.

Puis GTA IV vante une aventure plus cinématographique, plus artistique dans sa mise en scène. La véritable « récréation », il faudra la chercher dans l’extension The Ballad of Gay Tony. De la chute libre et des personnages plus excentriques mais rien de comparable au jetpack ou aux PNJ qui se masturbent en public.

gta IV

Alors que peut-on attendre de GTA V? L’épisode de la maturité peut-être. La désillusion était le thème du précédent volet, il est temps d’accepter qui l’on est et d’assumer nos choix.

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