2,6 millions de personnes en France vivent avec une maladie incurable. Ce chiffre n’a rien d’abstrait : il raconte la réalité d’autant de parcours de vie bouleversés, de familles qui cherchent des réponses, et d’un système de santé qui doit, chaque jour, s’adapter.
Garantir à chacun l’accès aux soins palliatifs : la loi l’affirme, la pratique hésite encore. Entre les textes et la réalité, le chemin se heurte à la diversité des structures, à la complexité des situations et à la mobilisation, parfois difficile, des ressources humaines. Hôpitaux, équipes mobiles, réseaux spécialisés : la prise en charge s’organise, mais pas sans défis.
Soins palliatifs : comprendre leur rôle et leur importance dans l’accompagnement des patients
Les soins palliatifs s’adressent à ceux pour qui la médecine curative a atteint ses limites. Quand la maladie progresse, quand l’avenir devient incertain, l’enjeu se déplace : il ne s’agit plus de guérir, mais d’accompagner. L’objectif : préserver la qualité de vie face à la douleur, à l’angoisse, à la perte d’autonomie. L’OMS l’affirme : il ne s’agit pas seulement de soulager les symptômes, mais de soutenir la personne tout entière, avec sa famille, ses doutes, ses fragilités. En France, la SFAP prolonge cette vision globale, insistant sur la dimension humaine du soin.
Concrètement, des équipes pluridisciplinaires se mobilisent : médecins, infirmiers, psychologues, assistants sociaux, chacun apporte sa compétence, son écoute, sa présence. Au domicile, à l’hôpital ou en institution, ils adaptent leur intervention aux besoins du patient, qui évoluent parfois d’un jour à l’autre. Ici, la concertation prime. Les décisions se prennent à plusieurs voix, dans le respect des souhaits du patient, qui garde la main sur son parcours.
Voici ce que recouvre l’accompagnement en soins palliatifs :
- Évaluer et soulager les symptômes, qu’ils soient physiques ou psychiques
- Apporter un accompagnement psychologique et social adapté à chacun
- Être présent auprès des familles, tout au long de la maladie et même après le décès
Ce cheminement ne vise ni à hâter ni à retarder la fin de vie. Les professionnels s’appuient sur des protocoles éprouvés, mais aussi sur leur expérience partagée et une coordination serrée. Les proches jouent aussi un rôle décisif : leur présence, leur parole, leur connaissance du patient sont des ressources irremplaçables. Ensemble, équipe médicale et entourage essaient de maintenir une qualité de vie digne et respectueuse, jusqu’au bout.
À qui s’adressent les soins palliatifs et comment en bénéficier ?
Les soins palliatifs ne se limitent pas à une seule maladie ni à une tranche d’âge. Ils concernent toute personne malade dont la vie est menacée par une maladie grave, évolutive ou terminale : cancers, insuffisance rénale, maladies cardiaques, troubles neurologiques comme la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson, maladies hépatiques chroniques, polyarthrite rhumatoïde, sida, ou encore diabète à un stade avancé. Les enfants et les adolescents sont également concernés, grâce aux soins palliatifs pédiatriques, tout comme les nouveau-nés atteints de pathologies graves.
Le but est clair : proposer à chacun un accompagnement en soins palliatifs qui s’ajuste à sa trajectoire de vie, dès lors que le pronostic vital se dégrade ou que la qualité de vie est menacée. C’est souvent le médecin traitant qui identifie ce besoin et qui enclenche la mobilisation des ressources : il sollicite les équipes spécialisées, en lien avec l’hôpital ou une structure d’hospitalisation à domicile, pour organiser une prise en charge palliative qui tient compte de chaque parcours.
La démarche commence par un échange franc avec le médecin référent : celui-ci évalue la situation, les symptômes, le contexte familial. Si nécessaire, il fait appel à une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP), ou oriente vers une unité dédiée. La famille n’est jamais tenue à l’écart : elle prend part aux discussions, ajuste l’accompagnement, construit le projet de soins avec le patient, selon ses volontés.
Tout au long de ce parcours, différents soutiens peuvent être proposés : prise en charge de la douleur, appui nutritionnel, accompagnement psychologique… En pédiatrie, la coordination entre spécialistes garantit une approche globale, respectueuse de l’enfant et de ses proches.
Professionnels, structures et ressources : vers qui se tourner pour une prise en charge adaptée
Assurer une prise en charge palliative demande l’engagement d’une pluralité de professionnels de santé. Le médecin traitant occupe une place centrale : il pilote le suivi, adapte les traitements et repère le moment où une démarche palliative devient nécessaire. Autour de lui gravitent infirmiers, aides-soignants, psychologues, assistants sociaux. Cette équipe pluridisciplinaire se construit au fil du temps, en fonction des besoins.
Lorsque le contexte se complique, l’intervention d’une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) fait la différence. Ces professionnels spécialisés, présents à l’hôpital, en établissement ou à domicile, épaulent les équipes locales, partagent leur expertise, épaulent les familles lors de choix parfois difficiles. Pour mieux comprendre les solutions disponibles, voici les principales structures qui existent aujourd’hui :
- Unité de soins palliatifs (USP) : services hospitaliers où les patients bénéficient d’une surveillance rapprochée et d’un accompagnement intensif
- Lits identifiés de soins palliatifs (LISP) : présents dans de nombreux établissements, ils permettent une prise en charge palliative sans changer de service
- Hospitalisation à domicile (HAD) : les équipes médicales et paramédicales se déplacent pour permettre au patient de rester chez lui, entouré de ses proches
Au-delà de l’hôpital, les usagers du système de santé peuvent compter sur de précieux appuis : réseaux de santé, associations, la Ligue contre le cancer, pour n’en citer qu’une,, plateformes régionales, services sociaux. Ces acteurs facilitent l’accès à l’information, orientent vers les structures adaptées, interviennent parfois sur le plan financier (sécurité sociale, complémentaires, aides spécifiques comme l’APA ou l’AJPP, fonds FNASS). Enfin, la formation continue des professionnels constitue un levier déterminant pour garantir à chaque patient un accompagnement respectueux de ses besoins, aujourd’hui comme demain.
Quand la médecine avance à petits pas, la solidarité et la coordination des acteurs deviennent le véritable moteur de la dignité. Face à la maladie, chaque main tendue, chaque voix qui s’élève compte. Ce sont elles qui dessinent, au quotidien, la réalité des soins palliatifs en France.


