Les chiffres sont têtus : en 2019, des chercheurs australiens ont calculé que les flatulences humaines dans le monde libèrent chaque année près de 0,2 mégatonne de méthane. C’est dérisoire face aux émissions des fermes ou des usines, mais ce n’est pas zéro. Pourtant, cette réalité passe souvent sous le radar des bilans officiels de la pollution.
La pollution par les pets humains : mythe ou réalité scientifique ?
Depuis quelques années, le sujet des émissions de flatulences humaines revient régulièrement sur la table, devenu presque un clin d’œil dans les débats environnementaux. Pourtant, derrière l’aspect facétieux, il existe bel et bien un phénomène mesurable. Les gaz en question ? Du méthane, du dioxyde de carbone, mais aussi d’autres composés issus de notre digestion. Sur le papier, leur contribution globale à la pollution reste minime, mais elle n’est pas inexistante.
Les scientifiques l’affirment : même si l’acte paraît insignifiant, il laisse une trace dans le bilan de la planète. Selon une étude australienne, toutes les flatulences humaines réunies dégagent chaque année 0,2 mégatonne de méthane. Cela reste marginal si on compare à l’agriculture ou à l’industrie, mais la trace existe. Officiellement, ces émissions atypiques sont généralement ignorées dans les calculs d’inventaires, du fait de leur faible part dans le total.
D’autres gaz accompagnent le méthane lors de ces émissions naturelles : azote, hydrogène, CO₂, parfois sulfure d’hydrogène. Individuellement, leur impact sur la santé ou sur les écosystèmes reste insignifiant. Mais en cumulant à l’échelle de la planète, la question de leur effet environnemental prend une autre tournure.
Les dernières recherches replacent les flatulences humaines dans le vaste cycle du carbone et du méthane. Ce phénomène naturel s’inscrit dans un réseau biologique complexe, où chaque émission compte, même si elle pèse peu. La pollution liée aux flatulences humaines existe bel et bien, mais il s’agit de la mesurer à sa juste valeur, sans l’exagérer.
Quels gaz sont réellement émis et en quelles quantités ?
Pour comprendre ce qui se dégage lors d’une flatulence, il suffit de regarder la composition des gaz : chaque personne adulte libère chaque jour entre 0,2 et 2 litres de gaz, d’après les données scientifiques. Mais que trouve-t-on dans ce mélange ? Voici les principaux composants et leurs proportions habituelles :
- Azote : représente près de 59 % du volume exhalé
- Hydrogène : autour de 21 %
- Dioxyde de carbone (CO₂) : jusqu’à 9 %
- Méthane : environ 7 % des cas, car tout le monde n’en produit pas
- Sulfure d’hydrogène et autres traces responsables de l’odeur caractéristique
Le méthane, gaz à fort potentiel d’effet de serre, n’est donc pas systématique. Sa présence dépend surtout de certaines bactéries dans l’intestin, ce qui explique que certaines populations en produisent très peu, voire pas du tout. Comparé aux émissions du bétail ou du secteur énergétique, le volume issu des flatulences humaines reste marginal.
Aucun polluant organique persistant n’a été détecté dans les émissions humaines. Les quantités de gaz mesurées n’engendrent pas de risque pour la biodiversité ou la santé, ni pour l’environnement à large échelle.
Faut-il s’inquiéter de l’impact environnemental des flatulences humaines ?
On pourrait sourire de la question, mais elle mérite d’être examinée sérieusement : les flatulences humaines pèsent-elles vraiment dans la balance du changement climatique ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, un adulte émet en moyenne 0,5 litre de gaz par jour, soit une quantité de méthane et de CO₂ très inférieure à ce que produisent ruminants et industries polluantes.
Le méthane issu des flatulences humaines ne représente qu’une fraction infime des émissions globales de gaz à effet de serre. De plus, seule une partie de la population en produit de façon significative, d’où une contribution globale très limitée. Les analyses menées à l’échelle européenne vont toutes dans le même sens : aucun impact notable sur le réchauffement climatique n’est attribuable à ce phénomène. Le rapport du GIEC ne mentionne d’ailleurs aucune trace de contribution mesurable aux concentrations de gaz à effet de serre liées aux flatulences humaines.
En réalité, la réduction des émissions industrielles, agricoles et liées aux transports reste la priorité pour limiter le dérèglement climatique. Les flatulences, elles, ne pèsent pas lourd dans la balance. La pollution par les pets humains, même réelle, ne justifie aucune mesure particulière. L’urgence est ailleurs : limiter les combustibles fossiles, transformer nos pratiques agricoles, soutenir l’innovation. Le sujet amuse, mais il ne fera jamais basculer le sort de la planète.


