Identification efficace des patients : méthodes et techniques

Un patient peut porter plusieurs bracelets d’identification différents au cours d’une même hospitalisation. Les erreurs d’attribution de dossier médical restent l’une des principales causes de déclarations d’événements indésirables graves associés aux soins en France.

Des protocoles stricts coexistent pourtant avec des marges d’adaptation locale. L’absence d’harmonisation nationale sur certains éléments, comme la gestion des homonymes ou des prénoms d’usage, complique l’application uniforme des recommandations. L’identification fiable du patient s’impose comme une priorité stratégique pour limiter les risques et garantir la sécurité des parcours de soins.

Pourquoi l’identification des patients reste un enjeu majeur pour la sécurité en santé

L’identification efficace des patients constitue le premier rempart contre les erreurs lors des soins. Chaque année, des incidents de confusion d’identité sont enregistrés dans les établissements de santé, parfois à l’origine d’événements indésirables graves. La sécurité des patients se joue dès cette étape, car la moindre faille peut entraîner des conséquences sur l’ensemble du parcours de soins.

Pour renforcer la traçabilité, l’identitovigilance s’est imposée, à l’initiative du référentiel national d’identitovigilance (RNIV) piloté par la Haute Autorité de santé (HAS). L’objectif : garantir à chaque professionnel de santé l’accès à une identité unique et partagée pour chaque patient, en s’appuyant sur l’Identité Nationale de Santé (INS). Ce cadre réduit les risques de doublons, d’homonymies ou d’erreurs d’attribution de dossier médical.

Les erreurs d’identification dépassent largement le simple tracas administratif. Elles mettent en péril la qualité des soins et peuvent exposer à des diagnostics erronés, des traitements inadaptés ou à des interventions menées sur la mauvaise personne.

Face à ces enjeux, les établissements de santé instaurent des procédures rigoureuses : vérification systématique de l’identité à chaque étape de la prise en charge, formation régulière des équipes, contrôles internes. Sécuriser les données d’identité s’inscrit aujourd’hui parmi les exigences fondamentales du parcours de soins, au même titre que la gestion des risques infectieux ou la sécurisation des traitements.

Quels sont les risques d’erreurs d’identification et leurs conséquences concrètes ?

Les erreurs d’identification prennent des formes variées et leurs conséquences peuvent être lourdes. La confusion entre deux patients ayant des noms ou des dates de naissance proches reste un piège classique. Un dossier inversé, et c’est parfois un traitement inadapté, un retard de prise en charge, voire une opération pratiquée sur la mauvaise personne. Les signalements recensés par la Haute Autorité de santé confirment la régularité de ces événements dans les établissements.

Le problème ne se limite pas à la sphère médicale : une erreur d’identification peut aussi entraîner une violation de la confidentialité du patient. Les informations de santé, parfois particulièrement sensibles, risquent alors d’être divulguées à tort, ébranlant la confiance dans l’institution hospitalière.

Voici des exemples précis de situations qui résultent d’une mauvaise identification :

  • Transmission erronée du résultat d’examen à un autre patient
  • Confusion d’identité lors de l’admission ou de la sortie
  • Impossibilité de retracer l’état de santé réel d’une personne

L’analyse des événements graves met en avant un constat : croiser prénom, date de naissance et sexe reste la méthode la plus fiable pour vérifier l’identité. L’absence de double vérification sur ces points ouvre la porte à des erreurs, parfois jusqu’à la création de dossiers multiples pour une seule et même personne. À chaque étape, de l’accueil jusqu’à la prise en charge médicale, la vigilance s’impose pour préserver la sécurité du parcours de soins.

Infirmier pose un bracelet d identification a une personne agee

Panorama des méthodes et techniques d’identitovigilance recommandées aujourd’hui

Les établissements de santé disposent aujourd’hui d’un éventail de techniques éprouvées pour fiabiliser l’identification des patients. Le bracelet d’identification, apposé dès l’admission, s’impose comme un repère immédiat : il permet à chaque professionnel d’authentifier sans ambiguïté qui se trouve devant lui avant tout acte médical. Ce dispositif, à la fois simple et efficace, s’inscrit dans une logique de sécurisation du parcours de soins.

La généralisation de l’identité nationale de santé (INS) marque une avancée majeure. Structurée selon le référentiel national d’identitovigilance, cette identité unique, adossée à un identifiant national de santé issu de sources officielles, est intégrée directement dans les logiciels métiers. Cette innovation limite les doublons et les erreurs lors de la saisie, tout en fluidifiant la gestion des dossiers.

Procédures de double vérification

Le cadre recommandant une identification primaire à l’accueil, suivie d’une identification secondaire avant chaque acte à risque, s’est imposé. Croiser nom, prénom, date de naissance et INS, notamment lors des transferts de service ou d’examens complémentaires, réduit considérablement les risques de confusion.

Voici les pratiques les plus courantes pour renforcer la fiabilité du dispositif :

  • Audit d’identitovigilance : des contrôles réguliers sont menés dans les établissements pour repérer les écarts et ajuster les pratiques en conséquence.
  • Formation continue : chaque professionnel suit des sessions régulières pour se tenir à jour sur les procédures d’identification et l’utilisation du référentiel national.

La réussite de l’identitovigilance repose sur un engagement collectif. Du secrétariat médical jusqu’aux soignants, chaque membre du personnel contribue à la robustesse du système. Cette vigilance partagée, au cœur de la chaîne de sécurité, conditionne la qualité et la fiabilité des soins.

À l’heure où la confiance dans le système de santé reste une attente forte, s’assurer qu’aucun patient ne soit confondu, oublié ou mal orienté n’est plus une option : c’est une exigence partagée, un cap à tenir.

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