Entre 10 % et 20 % des femmes enceintes prennent plus de poids que les recommandations officielles. Cette situation augmente les risques de complications médicales, aussi bien pour la mère que pour l’enfant.
Comprendre pourquoi la prise de poids peut devenir excessive pendant la grossesse
Impossible de réduire la prise de poids pendant la grossesse à une simple accumulation de réserves. L’organisme de la future mère se transforme en profondeur : augmentation du volume sanguin, développement du fœtus, du placenta, rétention d’eau… Tout cela pèse sur la balance. Mais parfois, la courbe s’emballe et dépasse les recommandations fixées par les experts de santé.
Le poids de départ fait une vraie différence. Une femme avec un indice de masse corporelle (IMC) élevé en début de grossesse voit le risque de gain pondéral excessif grimper en flèche. À l’opposé, un IMC faible implique souvent une vigilance accrue pour éviter toute carence. Mais l’histoire ne se limite pas à un chiffre : âge maternel, manque d’activité physique, antécédents personnels ou familiaux d’obésité viennent également peser dans la balance.
Facteurs influençant le gain pondéral
Voici les principaux éléments qui jouent sur le poids durant la grossesse :
- Habitudes alimentaires : des repas dominés par les produits transformés ou riches en sucres rapides favorisent un excès de calories stockées.
- Activité physique : bouger moins signifie brûler moins d’énergie, ce qui accélère la prise de kilos pendant cette période.
- Modes de vie : stress, nuits trop courtes ou fatigue persistante peuvent aussi encourager une prise de poids excessive.
Aucun profil ne ressemble à un autre. D’où la nécessité d’évaluer la prise de poids idéale au cas par cas. Suivre régulièrement l’évolution du poids de la femme enceinte aide à repérer les dérives à temps, pour éviter de s’exposer à des complications liées à une prise de poids excessive pendant la grossesse.
Quels sont les risques pour la santé de la future maman et du bébé ?
Accumuler trop de kilos pendant la grossesse n’a rien d’anodin. Les conséquences vont bien au-delà de l’apparence ou du confort quotidien. On parle de complications médicales qui peuvent bouleverser le suivi de la grossesse et le déroulement de l’accouchement. Premier sur la liste : le diabète gestationnel. Les kilos en trop augmentent la résistance à l’insuline, ce qui peut entraîner l’apparition de cette maladie. Résultat : une grossesse scrutée de près, et parfois un accouchement avancé.
Autre menace bien réelle : le surpoids accroît le risque d’hypertension artérielle ou de pré-éclampsie, deux situations redoutées pour leur impact sur la mère et l’enfant. Les soucis cardio-vasculaires ne sont pas si rares. Une femme enceinte souffrant d’obésité est également plus exposée aux césariennes, aux difficultés de cicatrisation, voire aux infections après l’accouchement.
Côté bébé, la macrosomie (poids de naissance trop élevé) peut compliquer l’accouchement et exposer l’enfant à des troubles métaboliques plus tard. Les chiffres sont clairs : une prise de poids excessive pendant la grossesse augmente le risque de prématurité et d’admission en soins intensifs néonataux.
Il faut garder en tête que l’enjeu dépasse la grossesse : ces risques pèsent aussi sur l’avenir de la mère et de l’enfant. Chaque kilo supplémentaire compte, bien au-delà d’un simple chiffre sur la balance.
Des conseils concrets pour adopter de bonnes habitudes et garder un poids équilibré
Faites le choix de la vigilance au quotidien. La gestion du poids pendant la grossesse n’a rien à voir avec une course à la restriction. Ce sont les habitudes qui font la différence : diversifiez votre alimentation, privilégiez les fruits, légumes, céréales complètes, variez les sources de protéines, et limitez les sucres rapides ainsi que les matières grasses inutiles. Inutile de doubler les portions : ce qui compte, c’est la qualité de l’assiette, pas la quantité.
L’activité physique adaptée joue aussi un rôle décisif. Marche, natation en douceur, yoga prénatal : autant d’options pour stabiliser le poids pendant la grossesse. Le bon réflexe : demander l’avis de son médecin ou de sa sage-femme avant de se lancer. L’objectif ? Stimuler la circulation sanguine, limiter la rétention d’eau et préserver la tonicité musculaire.
Voici les repères proposés par la Haute Autorité de santé pour ajuster le gain de poids en fonction de l’IMC initial :
- IMC inférieur à 18,5 : 12,5 à 18 kg
- IMC entre 18,5 et 24,9 : 11,5 à 16 kg
- IMC entre 25 et 29,9 : 7 à 11,5 kg
- IMC de 30 ou plus : 5 à 9 kg
Mieux vaut intervenir dès les premiers mois : discuter avec les professionnels permet d’ajuster les conseils à chaque situation. La limitation de la prise de poids repose toujours sur une approche personnalisée. À chaque femme, chaque grossesse, son propre rythme.
Prendre soin de son poids pendant la grossesse, c’est déjà offrir à l’enfant qui vient une première forme de protection. C’est aussi une façon de s’accorder, à soi-même, un départ plus serein dans la vie de parent.


