Pour éviter une phlébite après une opération, il faut se lever et marcher dès que l’équipe soignante l’autorise, porter les bas de contention prescrits et suivre sans l’interrompre le traitement anticoagulant préventif quand il y en a un. L’intervention et l’immobilité qui la suit favorisent la formation d’un caillot dans une veine de la jambe, et la vigilance se poursuit après le retour à la maison.
Pourquoi une opération favorise la phlébite
La phlébite est une thrombose veineuse : un caillot se forme dans une veine, le plus souvent au mollet. Trois mécanismes se cumulent après une intervention : le sang circule plus lentement quand on reste allongé, la paroi de la veine peut être touchée, et l’organisme active sa coagulation pour limiter les saignements.
Le danger vient du caillot qui se détache et remonte vers le poumon, ce qui provoque une embolie pulmonaire. Les opérations les plus exposées sont la pose d’une prothèse de hanche ou de genou, la chirurgie d’un cancer et les interventions longues sur l’abdomen ou le bassin. Après une opération gynécologique, par exemple, le cadre est le même, comme le détaille cet article sur les suites d’une opération d’un kyste ovarien.
Les profils les plus exposés après une intervention
Le risque n’est pas le même pour tout le monde. L’âge, un antécédent de phlébite, un cancer, une contraception à base d’œstrogènes ou un traitement hormonal, une grossesse récente et l’immobilisation d’une jambe l’augmentent.
Le surpoids joue aussi, et il se travaille sur le long terme : voyez les aliments qui font grossir pour repérer ceux à limiter. Avant l’opération, l’équipe évalue ce risque pour choisir la prévention adaptée. Signalez vos antécédents de phlébite et vos traitements en cours lors de la consultation d’anesthésie.
Se lever et bouger dès les premières heures
Le lever précoce est la mesure la plus simple. Selon l’intervention, il a lieu le jour même ou le lendemain, toujours avec l’accord de l’équipe. De courtes marches répétées dans la journée valent mieux qu’une longue sortie isolée.

Au lit, faites bouger les chevilles et contractez les mollets régulièrement. Évitez de rester longtemps jambes croisées ou assis sans bouger, et buvez suffisamment. Un membre blessé ou opéré n’empêche pas tout mouvement : les exercices adaptés à une épaule blessée montrent comment bouger malgré une articulation à ménager.
Une fois un caillot diagnostiqué et pris en charge, la marche reste en général possible. Marcher fait partie de la prévention, mais la reprise après une phlébite avérée se décide avec le médecin.
Bas de contention : les porter comme prescrit
Les bas anti-thrombose sont souvent posés dès le bloc opératoire ou juste après. À l’hôpital, on les garde jour et nuit, puis la prescription précise la durée de port à la maison, qui varie selon l’opération.

Leur efficacité dépend de leur ajustement. Une taille mesurée par un professionnel et un bas bien déroulé, sans bourrelet au genou ni à la cheville, évitent de gêner la circulation. Pour une opération des varices, la page sur la convalescence après une opération des varices détaille les erreurs à ne pas commettre.
L’anticoagulant préventif, à suivre jusqu’au bout
Après de nombreuses interventions, le médecin prescrit un anticoagulant préventif : une héparine en injection sous la peau ou, selon les cas, des comprimés. La durée dépend de l’opération et reste plus longue après certaines chirurgies orthopédiques. Une prise de sang de surveillance peut être demandée.
N’arrêtez jamais ce traitement de votre propre initiative, même si vous marchez bien et ne ressentez rien. Les points à respecter sont simples :
- faire les injections ou prendre les comprimés à heure régulière, sans doubler une dose oubliée ;
- signaler tout saignement inhabituel, comme des gencives qui saignent ou des urines rouges ;
- garder l’ordonnance sur soi en cas de consultation imprévue.
Un plâtre ou une attelle de jambe immobilise aussi le membre : l’anticoagulant est alors discuté avec le médecin selon le risque de chacun. Enfin, on peut faire une phlébite sous anticoagulant : le risque baisse nettement sans disparaître, d’où l’intérêt de rester attentif.
Les signes qui imposent de consulter sans attendre
Un mollet douloureux, gonflé, chaud ou rouge, surtout d’un seul côté, doit faire consulter le jour même. Une jambe qui gonfle après une opération n’est pas banale : un examen d’imagerie (échographie Doppler) permet de confirmer ou d’écarter le caillot.
Un essoufflement brutal, une douleur dans la poitrine ou des crachats de sang évoquent une embolie pulmonaire : appelez le 15 sans attendre. Cette vigilance dure plusieurs semaines après le retour à domicile, et les longs trajets en voiture ou en avion demandent de s’arrêter ou de se lever régulièrement.
Le chirurgien et l’anesthésiste restent les seuls à fixer la prévention adaptée à votre opération. Notez avant la sortie la durée du port des bas et celle de l’anticoagulant, c’est la question la plus souvent oubliée.

